La reine aux yeux clos a un jour rêvé,
De toi, son bien-aimé.
La reine aux yeux clos a un jour pleuré,
Sur toi, son frère lésé.
De nos jours seules les femmes meurent,
Sais-tu pourquoi je reste là, bravant mes peurs ?
Il n'y a rien que je déteste plus que cela,
Te voir, t'entendre, sans pouvoir te serrer contre moi.
La reine déchue contemple son triomphe,
Que faudrait-il que je fasse pour une once ?
La reine détrônée reste seule à pleurer,
Que faudrait-il que je fasse pour ne point désespérer ?
La reine aux yeux clos a un jour rêvé,
De toi, son bien-aimé.
La reine aux yeux clos a un jour pleuré,
Sur toi, son frère lésé.
Je n'attends plus rien de la vie,
As-tu toujours des envies ?
Je ne peux t'interdire de t'enfuire,
Mais je ne me lasserai jamais de te voir courir...
Ce soir, vas-tu rester avec moi ?
Faudra-t-il qu'encore une fois,
Désespérée je guette tes pas ?
Je ne veux plus souffrir de toi,
De ton absence, de ta présence.
Je ne veux plus que tes yeux m'émoient,
Lorsque je me noie dans ta déchéance,
Lorsque de ton souffle, sur moi je sens la présence,
Et que je ne suis rien de plus qu'une reine aux abois !
Que faire, que faire, mais que faire dis-moi !
Je ne t'en veux pas, non, ne reste pas là !
Car après je ne pourrais plus m'enfuir,
Je ne pourrais plus, d'un subtil regard te faire souffrir !
Car oui,
La reine aux yeux clos a un jour rêvé,
De toi, son bien-aimé.
La reine aux yeux clos a un jour pleuré,
Sur toi, son frère lésé.